Images : Il y a quatre ans, elle se détestait et se mutilait. Aujourd'hui, cette Québécoise lance un message d'espoir.

Il y a quatre ans, elle se détestait et se mutilait. Aujourd'hui, cette Québécoise lance un message d'espoir.

La lumière au bout du tunnel.

Publié le par Ayoye dans Images
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Léonie Royer, une jeune femme de Drummondville au Québec, est passée par de terribles épreuves. Souffrant d’anorexie et de dysphormisme, elle se mutilait. Heureusement, tout ça est du passé, et elle partage ce qu’elle a vécu dans cette émouvante publication.

« Il y a 4 ans, je prenais cette photo de moi. Une photo où l'on voit mon corps, si maigre par manque de nourriture, et couvert de plaies. Je pleurais. Mes cuisses et mon ventre me faisaient mal, mais ce n'était rien comparé à la souffrance psychologique qui m'habitait à ce moment-là. Je ne mangeais pratiquement pas et pesais 86 lbs pour un beau 5"8 de grandeur. Je me détestais, et détestais ce corps dans lequel j'étais née. Et j'étais dépendante. Je dépendais chaque jour de cette lame, de ces coupures, de ces blessures qui marquaient ma peau. J'avais envie de mourir, parce qu'anyway, j'étais déjà morte en dedans. Que j'aille bien ou mal, il me fallait chaque jour ce moment entre moi et elle, celle qui me faisait tant de bien le temps d'un instant, mais qui, au final, ne faisait que me tuer de plus en plus. C'est ça le piège avec l'automutilation, tu deviens accro. Tu commences et un jour, tu réalises que tu ne peux plus arrêter. Et c'est trop tard, tu es dépendante. C'est ce qui m'est arrivé, malheureusement. Ce que je croyais être une simple échappatoire s'est transformé en monstre qui ne cessait de grandir, jour après jour. Je n'en parlais à personne car j'avais honte et j'avais peur de ce que les autres pouvaient penser. Et j'avais terriblement peur de moi-même et de ce que j'étais capable de me faire. Je ne contrôlais plus mes pulsions et je me demandais jusqu'où j'allais aller.  

Je me souviens qu'un soir, après m'avoir détruit les cuisses avec une lame de rasoir, je m'étais regardé longuement dans un miroir. Mes jambes saignaient. Et j'ai commencé à rire, un rire incontrôlable qui ne finissait plus. Je me trouvais tellement pathétique et stupide que j'en riais. C'est à ce moment que j'ai réalisé à quel point j'étais rendue bas. Voir à quel point je souffrais m'amusait. Je trouvais ça drôle, et je prenais plaisir à me voir souffrir encore plus. Je m'étais embarqué dans un cercle vicieux dont j'étais incapable de me sortir. 

Sauf que par miracle, j'ai réussi à passer à travers. Je ne me souviens plus comment, mais j'ai fini par réussir à me sortir de cet enfer. J'ai eu plusieurs rechutes, des plus grosses comme des plus petites, mais je m'en suis sortie. Ç'a été difficile mais j'ai vaincu les démons qui me hantaient depuis des années et tout a fini par s'arranger.  

Ce matin, j'ai décidé de reprendre cette photo de moi. Et je suis fière. Fière de voir comme j'ai évolué. Je mange mieux et je prends soin de moi, j'ai grossi et mes plaies sont devenues des cicatrices. Je me suis longtemps battue contre moi-même, mais c'est terminé. Je resterai marqué à jamais de cette période de ma vie, comme une guerrière, et I guess que c'est mieux comme ça. Ça prouve que je suis capable de me battre contre la personne la plus difficile à vaincre; soi-même. Et surtout, aujourd'hui je m'aime et j'me sens bien. Je reste humaine, j'ai des up et des down, mais j'ai les outils nécessaires pour que tout se passe bien. J'ai réussi à voir la lumière au bout du tunnel. Elle existe pour de vrai, finalement.

Il y aura des moments dans ta vie où tu auras l'impression que tout s'écroule. Tu auras envie d'abandonner, et crois-moi, je comprends. Mais s'il te plaît, garde espoir. Tout finit par s'arranger si tu y mets des efforts, et je sais que tu en es capable. Botte-toi l'cul et fais de ton mieux pour avancer, et ne te décourage surtout pas si tu échoues, c'est normal. Recommence et continue de te battre. Tu es un guerrier, et tu gagneras cette bataille. 

«Not perfect, but human» 

Je ne suis pas parfaite, en effet; 

«Not perfect, but happy» 

Mais maintenant, je suis heureuse. »

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Source: Facebook | Léonie Royer · Crédit Photo: Facebook