Eustachio Gallese savait depuis des mois qu’il tuerait Marylène Levesque.

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Ayoye
Eustachio Gallese savait depuis des mois qu’il tuerait Marylène Levesque.

Le Bureau d'enquête du Journal de Montréal a publié un grand dossier au sujet du meurtrier de Marylène Lévesque, le récidiviste Eustachio Gallese. Les informations recueillies par Bureau d'enquête de TVA ont démontré que M. Gallese savait qu'il risquerait de tuer sa victime.

C'est le policier qui a obtenu les aveux du meurtrier qui a révélé au Bureau d'enquête des détails entourant l'interrogatoire de M. Gallese.

Le sergent-détective Guy Carrier, qui est aujourd'hui retraité de la police de Québec, a expliqué s'être rendu avec l'enquêteur Ricardo Hamel au pénitencier à sécurité maximum de Sainte-Anne-des-Plaines le 3 février, soit deux semaines après le meurtre de Marylène Lévesque.

Guy Carrier a expliqué que M. Gallese y séjournait alors en protection: "Je me souviens, il avait tenté de s’enlever la vie dans les jours précédents et avait des points de suture aux poignets. Il jouait nerveusement avec."
M. Gallese affirmait qu'il ne souhaite pas parler, mais Guy Carrier était toutefois parvenu à lui tirer quelques réponses: "Je ne suis pas tombé dans l’empathie ou la flatterie. Je n’allais pas là pour le sauver ; je n’allais pas lui dire que je comprenais ce qu’il avait fait. Non. C’est une des pires boucheries que j’ai vues de ma vie. Je n’accepterai jamais ça."
C'est deux jours après cette première rencontre que M. Gallese a signifié aux forces de l'ordre qu'il était enfin prêt à parler. Les deux policiers sont donc retournés au pénitencier le 6 février 2020.
Guy Carrier a raconté: "Il sort de la douche. Il est propre. Bien mis. Confiant, mais résigné. Il ne voulait même pas rappeler son avocat."

M. Gallese a expliqué aux enquêteurs qu'il avait retrouvé sa liberté en mars 2019. L'intervenante de M. Gallese lui avait donné la permission d'acheter des services sexuels à raison d'une fois par mois, mais l'homme s'est rendu au salon de massage à une quarantaine de reprises en réservant sous de faux noms. Le sergent-détective Guy Carrier a expliqué que M. Gallese était alors en amour avec sa victime.

À l'automne 2019, la Commission des libérations conditionnelles a été informée de la permission spéciale de M. Gallese et ce dernier s'est donc engagé à ne plus retourner au salon.

Par la suite, M. Gallese a commencé à rencontrer Marylène Lévesque dans des hôtels.

C'est au même moment que M. Gallese a commencé à remarquer que Marylène Lévesque se montrait de plus en plus distante envers lui.

Selon ce que M. Gallese a confié en interrogatoire, c'est à partir de cet instant qu'il a su qu'il risquerait de tuer Marylène Lévesque, car il reconnaissait les émotions qui l'avaient poussé à assassiner violemment sa conjointe, en 2004.

L'incident qui aura tout fait basculer définitivement, c'est lorsque le 11 janvier 2020, Marylène Lévesque a confié à M. Gallese qu'elle irait souper avec un nouvel homme. Guy Carrier a raconté: "C’est la goutte qui fait déborder le vase. Il pense qu’elle joue avec lui, alors que lui, il est sincère dans cette relation-là."

Le drame se sera finalement produit le 22 janvier 2020.

Selon Guy Carrier, M. Gallese aurait hésité à passer à l'acte jusqu'à la toute dernière minute: "Il a comme un petit ange et un petit démon en lui. Mais le démon est plus fort. S’il veut se libérer de l’angoisse et du mal de vivre qu’il a, il faut qu’il le fasse. C’est la seule façon de s’en sortir pour lui. Mais il le dit, que c’était prévu. Que c’était son intention."

Rappelons enfin que M. Gallese a plaidé coupable à une accusation de meurtre au premier degré. Il a été condamné à un emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.