François Legault fait une demande spéciale aux Québécois

« Ce serait un beau cadeau de Noël collectif qu’on se ferait »

Ayoye

François Legault a publié un long message sur sa Facebook ce samedi pour revenir sur les décisions importantes qu'il a dû prendre cette semaine, mais aussi pour faire une demande spéciale aux Québécois.

Le premier ministre commence sa publication en expliquant qu'il a passé une semaine difficile.

« Comme ma vie professionnelle est pas mal publique, c’est rare qu’on me demande le samedi matin si j’ai eu une bonne semaine au bureau. Je peux vous le dire à vous, ma semaine au bureau a été assez dure. Ça fait partie de la job de premier ministre et je ne m’en plains pas. Au bout du compte, je reste l’ultime responsable, beau temps mauvais temps. Mais je ne vous cacherai pas que ça m’a fait mal. Juste de penser aux restaurateurs ou aux responsables des salles de spectacle qui voyaient enfin la lumière au bout du tunnel…», écrit-il.

François Legault évoque ensuite son point de presse de jeudi dernier où il a resserré les mesures sanitaires.

« Lors du point de presse de jeudi, j’ai dit que ce n’était pas un concours de popularité et qu’il fallait mettre l’orgueil de côté quand la santé des Québécois était en jeu. Je sais que j’ai déçu beaucoup de monde et vous pouvez être fâchés contre moi ou contre la situation, c’est normal. Sachez que ça ne me laisse pas indifférent. J’aime mieux vous donner de l’espoir que de vous décevoir. Mais mon devoir c’est de vous dire la vérité et de prendre des décisions, même si elles sont dures ou impopulaires », indique-t-il.

Par la suite, le premier ministre revient sur ce qu'il a poussé à prendre de telles décisions.

« La semaine dernière, avec les experts de l’INSPQ, de l’INESSS, ce qu’on voyait pour les prochaines semaines, c’était une hausse des cas, mais des hospitalisations sous contrôle. Le variant Omicron prenait le dessus davantage en janvier. On pouvait donc espérer passer un beau temps des fêtes », assure-t-il.

« Mardi, l’INSPQ a commencé à cribler tous les cas de COVID de la journée. On voulait connaître la proportion exacte des cas Omicron sur le total. On a commencé à recevoir des résultats partiels mercredi et ça tournait autour de 20 %. C’était beaucoup plus que prévu! Surtout que les échantillons analysés le mardi étaient le résultat de la contagion des jours précédents. Et donc, mercredi, on avait déjà beaucoup plus que 20 % d’Omicron », écrit-il.

« Les experts de l’INESSS se sont attelés à la tâche pour nous faire des scénarios d’hospitalisations avec ces données-là. Ils nous ont présenté les résultats mercredi en fin d’après-midi. Et c’est là qu’on a vraiment réalisé la gravité de la situation. J’ai tout de suite décidé d’intervenir avec des mesures fortes et de vous annoncer l’état de la situation. Ce que j’ai fait jeudi en vous avertissant que le Québec allait être frappé durement. Peu importe si je devais reculer sur ce que j’avais dit quelques jours plus tôt, même si je devais vous décevoir »,  explique-t-il.

« Ce qu’on a tous réalisé cette semaine, les experts, Christian Dubé, le docteur Arruda et moi, c’est que le variant Omicron progresse à une vitesse fulgurante. C’est dur à imaginer. On n’a jamais vu quelque chose d’aussi foudroyant depuis le début de la pandémie », souligne le premier ministre.

François Legault a ensuite souligné l'engagement de la population dans la lutte contre la COVID-19.

« Hier et encore ce matin, j’ai vu que, malgré tout, la grande majorité des Québécois ont répondu à l’appel et réduisent leurs contacts. On a beaucoup de volontaires pour nous aider à administrer le plus vite possible la 3e dose aux plus vulnérables, aux travailleurs de la santé et ensuite à toute la population », dit-il.

À la fin de son message, le premier ministre fait une demande spéciale aux Québécois. 

« Si j’avais un souhait ce matin, c’est qu’on fasse tous une trêve de Noël. Si on pouvait juste pour 2-3 semaines cesser les attaques, sur les réseaux sociaux et dans la vie de tous les jours, ça nous aiderait tous à passer au travers », écrit-il. 

« Faisons une trêve pour nous concentrer sur ce qu’on a à faire dans les prochaines semaines. Réduire nos contacts, aller chercher une 3e dose, tout faire pour soulager nos soignants et prendre soin les uns des autres. Ce serait un beau cadeau de Noël collectif qu’on se ferait », ajoute-t-il

« Faites attention à vous », conclut François Legault