François Legault veut mettre fin à la « violence gratuite » qui frappe Montréal

Le premier ministre n'arrive pas à se remettre de la mort du jeune Thomas Trudel

Ayoye
François Legault veut mettre fin à la « violence gratuite » qui frappe Montréal

Alors que la mort du jeune Thomas Trudel a choqué les Québécois, François Legault a annoncé vouloir mettre fin à la « violence gratuite » qui frappe Montréal.

C'est dans un long message publié sur sa page Facebook ce samedi matin que le premier ministre a expliqué ses intentions.

Il a d'abord expliqué au début de sa publication qu'il n'arrive pas à se remettre de la mort du jeune Thomas Trudel.

« Je suis triste et fâché ce matin. J’essayais de lire les journaux, mais j’étais distrait. À chaque fois, la mort du jeune Thomas Trudel revenait me hanter. Une vie fauchée à 16 ans, sans aucune raison, c’est tellement injuste. C’est tellement dur à accepter! Si ça vient autant me chercher, c’est parce qu’hier, je me suis rendu sur les lieux du drame. J’ai lu les témoignages laissés par ses amis. J’ai vu tout l’amour que lui portaient ceux qui le connaissaient bien. J’ai lu toute la souffrance liée à son départ. Un départ cruel », a-t-il écrit.

En tant que parent, il est pour lui impossible de rester insensible à ce qu'il s'est passé.

« C’est impossible de se mettre à la place de ses parents et des parents des autres jeunes qui ont été assassinés à Montréal dans les derniers mois. Mais ça doit être terrible. Ils doivent être inconsolables. Je ne peux même pas imaginer perdre un de mes deux gars comme ça. Un parent ne devrait jamais avoir à enterrer un enfant », déplore-t-il.

François Legault a ensuite expliqué qu'il n'arrive pas à reconnaître Montréal.

« Comme Montréalais, j’avoue que je ne reconnais plus Montréal. Des fusillades éclatent aux quatre coins de la ville régulièrement. Et ceux qui tirent sont des personnes de plus en plus jeunes. Souvent des mineurs. C'est déjà choquant de voir des gangs de rue se tirer dessus. Mais quand ils tuent des adolescents qui n’ont rien à voir avec les gangs, comme Thomas Trudel et Meriem Boundaoui, c’est carrément révoltant. Ce n’est pas normal que nos jeunes ne soient pas en sécurité. Ce n’est pas normal que nos jeunes se fassent abattre par armes à feu en revenant de jouer. Ce n’est pas normal que ça se passe ici, chez nous à Montréal », indique-t-il.

Le premier ministre explique ensuite qu'il ne peut pas accepter cette montée de la violence à Montréal et que son gouvernement va faire tout ce qui est en son pouvoir pour y mettre fin.

« Comme premier ministre du Québec, je me sens responsable et je ne peux pas accepter ça. Ça doit être la même chose pour la mairesse Plante et je sais que c’est le cas pour Geneviève Guilbault , notre ministre de la Sécurité publique. Les policiers doivent avoir le même sentiment. C’est notre responsabilité d’assurer la sécurité des Québécois. On fait déjà beaucoup pour contrer cette violence avec l’opération Centaure. Les policiers multiplient les enquêtes, les arrestations et des centaines d’armes à feu ont déjà été confisquées. Mais il faut qu’on en fasse encore plus. J’ai demandé aux ministres de penser à tous les moyens qu’on pourrait prendre pour aider les policiers. Je vous le dis ici ce matin : aucun moyen, aucune ressource nécessaire ne va être refusée aux policiers. Il faut mettre fin à cette violence gratuite », peut-on lire.

S'il sait que cela ne sera pas une mince affaire, il est prêt à prendre le temps qu'il faudra. « On travaille aussi en prévention avec la ville et les groupes communautaires, même si ces interventions peuvent prendre du temps à porter leurs fruits. Il faut se donner pour objectif d’éradiquer les gangs de rue à Montréal. Pour ça, la répression ne suffira pas. Oui, il faut arrêter les bandits et les mettre en prison. Mais on doit aussi travailler sur les racines du problème, les conditions qui permettent l’émergence des gangs de rue ».

François Legault conclut son message en insistant sur le fait qu'il ne faut pas se décourager même si cela s'annonce ardu. « Ça va être difficile, ça va être long. Mais quand on va avoir un sentiment de découragement, on va penser à Thomas. On va penser à Meriem. On ne se découragera pas. On va le faire pour eux. On va le faire pour nos jeunes ».