La Ligue des droits et libertés exige que le gouvernement Legault mette fin à l'état d'urgence

L'organisme craint « une instrumentalisation d’une crise comme la COVID-19 pour passer outre les processus démocratiques »

Ayoye
La Ligue des droits et libertés exige que le gouvernement Legault mette fin à l'état d'urgence

La Ligue des droits et libertés (LDL) exige la fin de l’état d’urgence, car l’organisme de défense et de promotion des droits dit craindre « une instrumentalisation d’une crise comme la COVID-19 pour passer outre les processus démocratiques ».

C’est à la veille de la rentrée parlementaire que la LDL a demandé que le gouvernement mette fin à l’état d’urgence. Selon Catherine Descoteaux, qui est coordonnatrice à la LDL, le dispositif d’exception avait d’abord été toléré parce qu’ « on ne connaissait pas la situation », mais cette situation n’est plus justifiée selon l’organisme.

Dans une entrevue sur ICI RDI, Catherine Descoteaux a notamment fait remarquer qu’ « Avec une population vaccinée à un taux de 82,7 %, le gouvernement du Québec n’a plus de légitimité pour maintenir l’état d’urgence sanitaire. »

Au printemps dernier, la LDL réclamait déjà la fin de l’état d’urgence et plusieurs mois plus tard, l’organisme a maintenant plusieurs éléments en main pour appuyer encore davantage sa position : «On est rendus à un point où l’on peut voir venir les coups, juge Mme Descoteaux. La 4e vague, on savait qu’elle s’en venait depuis très longtemps. »

Comme l’a souligné la coordonnatrice à la LDL, les processus démocratiques devraient être de retour depuis plusieurs mois, étant donné que les autorités disposent d’une meilleure connaissance de la situation pandémique : « [Le gouvernement] a des devoirs vis-à-vis de la population, et à la Ligue, on considère que ces devoirs-là devraient recommencer à être mis de l’avant. »

Cette demande de la LDL survient alors que du côté de l'opposition, de plus en plus de voix exigent aussi la fin de l’état d’urgence.

Joël Arseneau, qui est le nouveau chef parlementaire du Parti québécois (PQ), a d’ailleurs déclaré : « Le pouvoir est grisant. Il est évident que le gouvernement s'est habitué à gouverner de façon à décider sans aucun débat et avec un groupe restreint autour du premier ministre. »

Enfin, du côté du porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, ce dernier a plutôt proposé une « loi transitoire » en déclarant: « L'état d'urgence est exceptionnel, il doit rester exceptionnel. Le renouveler sans cesse est dangereux pour notre démocratie. Le gouvernement doit dire au revoir à cette carte blanche à laquelle il semble avoir pris goût. »