«On n’a pas confiance au système», dit le père d'un homme mort en CHSLD

Il est mort de la COVID-19.

Ayoye
«On n’a pas confiance au système», dit le père d'un homme mort en CHSLD

Un récent rapport de la Protectrice du citoyen sur les décès en CHSLD durant la première vague de la pandémie a rouvert les plaies de nombreux proches de victimes mortes au début de la crise sanitaire, rapporte TVA Nouvelles

C'est le cas de Rui Costa, qui a perdu son père, mort de la COVID-19 au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, à Montréal. 

« On a été laissés à nous même, et c’est ça qui est triste. Et réentendre le rapport qui sort, c’est exactement ça. Il y a vraiment eu un manque de toutes les parties prenantes. Et oui, c’est pesant de le revivre et revoir », déplore-t-il en entrevue à TVA Nouvelles. 

« On en veut au système parce qu’on ne veut pas mettre nos parents, que ce soit n’importe qui, dans les mains d’un système en lequel on avait confiance, un système qu’on paye. Mon père a travaillé toute sa vie et on a payé pour ce système-là, il a payé toute sa vie », a-t-il ajouté.

Lui et ses trois frères ont plutôt décidé de garder leur mère à la maison plutôt que de la placer dans un CHSLD.

« On n’a pas confiance au système. C’est pour ça qu’on a notre mère qui est à la maison et qu’on prend soin d’elle. On alterne entre les 4 frères pour en prendre soin », dit-il.

D'autres personnes en santé qui avaient alerté des risques durant la première vague épidémique ont également réagi au rapport. 

« Qu’on arrête de se dire qu’on a fait le mieux qu’on a pu dans les conditions difficiles et qu’on en vienne à prendre conscience qu’on a commis de graves erreurs », a expliqué à TVA Nouvelles Patrick Martin-Ménard, un avocat qui représente des familles de personnes âgées mortes en CHSLD. 

« Cela, à mon avis, résume une certaine insouciance probablement très téméraire envers la vie des personnes âgées qu’on a laissées à l’abandon », estime de son côté le président du Conseil pour la protection des malades.

« Ces immenses monstres, ce que ça fait, c’est que c’est centré sur l’hôpital, c’est là où ça saigne, et ça crée ce genre de situation là », ajoute le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) à propos du projet de loi 10.