Simon Jolin-Barrette réagit à l'affaire de l'agresseur sexuel qui s'en est sorti sans casier judiciaire

Le ministre de la Justice s'est dit « profondément choqué par la décision »

Ayoye

Le ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette a qualifié l'absolution accordée à un agresseur sexuel de « décision isolée », rapporte Radio-Canada.

Alors qu'une grande partie de la population s'est indignée en raison de l'absolution accordée à Simon Houle, un ingénieur de Trois-Rivières qui a reconnu avoir agressé sexuellement une femme, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, s'est dit « profondément choqué par la décision » rendue par la Cour du Québec.

Tout en rappelant que cette décision avait été portée en appel par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le ministre a réaffirmé l'engagement de Québec dans la lutte contre les agressions sexuelles.

« La Cour d'appel va se prononcer là-dessus […] Je comprends le désarroi des personnes victimes et je le partage, mais je ne peux pas commenter davantage. [... ] Notre objectif est de travailler pour que les victimes aient confiance dans le système de justice. »

C'est le mois dernier que la Cour du Québec a octroyé à Simon Houle une absolution conditionnelle, après qu'un juge ait déterminé qu'un dossier criminel empêcherait l'agresseur sexuel de voyager pour son travail.

La nouvelle concernant cette absolution a commencé à circuler sur les réseaux sociaux au début de la semaine et cela survient alors que mercredi matin, le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, lançait le projet pilote de tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale au palais de justice de Montmagny.

Le projet pilote en question a pour objectif de mieux répondre aux besoins et réalités des personnes victimes de violence sexuelle et de violence conjugale en aménageant notamment des espaces sécuritaires au sein des palais de justice pour permettre aux victimes de circuler sans rencontrer leurs agresseurs. Le projet pilote prévoit aussi de mettre en place des dispositifs d'accès et d'aide au témoignage, comme des paravents et des salles de visioconférence.

Enfin, lors du lancement du projet pilote, le ministre Jolin-Barrette a déclaré: «Le déploiement du tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale marque un changement de culture majeur dans le système de justice. [...] Trop longtemps, les personnes victimes étaient les dernières considérées dans le processus de justice. Elles seront désormais au cœur de celui-ci et pourront compter sur un accompagnement adapté et soutenu, avant, durant et même après leur parcours judiciaire. [...] Nous ne voulons plus qu'au Québec, les personnes victimes de violence sexuelle et de violence conjugale hésitent à dénoncer et à porter plainte.»