Une Québécoise n’a toujours pas retrouvé son goût un an après avoir contracté la COVID-19

« Pour moi, le chocolat ou les noix goûtent le propane »

Ayoye
Une Québécoise n’a toujours pas retrouvé son goût un an après avoir contracté la COVID-19

On nous l’a souvent répété, les premiers symptômes de la COVID-19 sont la perte de goût et de l’odorat. Si la plupart des patients ayant contracté la maladie retrouvent leurs sens au bout de quelques semaines, ce n’est pas le cas d’Édith Perrault. 

Cette Montréalaise de 31 ans a contacté la COVID-19 le 25 décembre 2020. Presque une année plus tard, la jeune femme vit encore avec des troubles du goût.

« Pour moi, le chocolat ou les noix goûtent le propane. Pas juste ça, l’odeur de ma chambre, l’eau qui coule dans le lavabo, tout sent mauvais. Tout est chamboulé et c’était très épuisant au début » explique cette avocate au Journal de Montréal et à TVA Nouvelles.

Dans la liste des autres aliments dont elle ne retrouve pas le goût, elle parle également de la laitue iceberg qu’elle compare à du plexiglas, ou encore aux fruits et légumes qu’elle associe au goût du compost.

Ce phénomène est appelé la parosmie, un symptôme qu’on associe à la COVID longue. En effet, ce trouble de la perception olfactive, donc quand ce que l’on sent ne correspond plus aux odeurs que l’on connaissait, touche environ 1 à 5% des patients atteints de COVID longue.

Le parcours de la jeune femme a été particulièrement difficile. Alors qu’elle reçoit des épices à Noël dernier, qu’elle n’est pas capable de sentir, elle comprend ainsi avoir été infectée par la COVID-19. Elle ne vivra 6 mois sans plus aucun odorat.

« C’était le 3 juillet dernier. J’ai mangé un hot-dog avec des feuilles de basilic. Je goûtais, mais c’était vraiment, mais vraiment bizarre. Le lendemain, je sentais pour la première fois en six mois des choses, mais tout avait des odeurs de jus de poubelle », relate le Journal de Montréal. 

Une situation particulièrement éprouvante pour elle, alors que cela a eu un réel impact sur santé, passant de 120 à 100 livres en moins de deux semaines. La jeune femme n’arrivait plus à se nourrir correctement, et ne trouvait pas non plus aucun professionnel de la santé qui la croyait. Beaucoup lui ont diagnostiqué une dépression ou une anorexie. 

Le parcours d’Édith Perrault a donc été un jeu d’essai-erreur alors qu’elle devait faire de nombreuses recherches pour trouver des aliments autant nutritifs, que bon au goût. 

« On en parle très peu dans nos médias, chez nous, mais on est plusieurs dans le monde à avoir la parosmie. S’il y a des gens de non encore vaccinés, surtout des jeunes, je suis la preuve qu’on ne va peut-être pas en mourir, mais tu peux perdre deux de tes sens sur cinq. Je me sens d’ailleurs un peu morte en dedans », avoue-t-elle alors qu’elle a extrêmement peur de ne jamais revivre sa vie d’avant.