Nouvelles : De plus en plus de femmes protestent contre le port du voile en Iran
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De plus en plus de femmes protestent contre le port du voile en Iran

Les réactions ne sont pas pareilles dans tous les quartiers.

Publié le par Ayoye dans Nouvelles
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Les #WhiteWednesdays (mercredis blancs) gagnent en popularité depuis quelques jours, même si le mouvement a été initié il y a environ un an. 

Dans des vidéos partagées sur les médias sociaux, on voit toujours une femme ou deux marchant sans le voile dans un endroit public. 

«Je marche sans voile à Qom, une ville particulièrement religieuse. Personne ne me harcèle, les gens ont l’air de trouver la situation normale. J’espère que le voile ne sera plus longtemps obligatoire. #NousSommesLeursVoix #WhiteWednesdays», écrit Anton Struve sur Twitter. 

On peut toutefois remonter aussi loin que 1979 pour retrouver les racines de ce mouvement de constestation. 

«C’était le premier symbole de la révolution, plusieurs dizaines de milliers de femmes avaient perdu leur emploi pour s’y être opposées», rappelle la franco-iranienne Azadeh Kian, professeure de sociologie à Paris-7, spécialiste de l’Iran et des questions de genre dans l’Islam.

Mais les actes des derniers jours, toujours isolés pour le moment, attirent la curiosité... et les condamnations!

Une femme a été condamnée à deux ans d'emprisonnement pour avoir «encouragé la corruption morale» en retirant son voile en public, en mars. De plus, 29 femmes ont été arrêtées pour avoir «perturbé l’ordre social» en enlevant leur voile au début du mois de février. 

Pourtant, d'autres quartiers sont plus tolérants. Certaines femmes portent le voile «just in case» (juste au cas où) en le gardant sur leur épaule plutôt que sur leur tête. 

«L’État n’a pas réagi de façon violente, explique l’anthropologue Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Sciences Po et auteure de La Révolution sous le voile (éd. Karthala). Il y a eu une oppression mais un espace de liberté est aussi possible. Le régime ne cède pas sur cette question, mais il gagnera à accepter des femmes non voilées comme soutien du pouvoir.»

«Le voile est le symbole d’un mouvement révolutionnaire anti-impérialiste et antioccidental qui a encore un écho fort en Iran. Mais le régime ne va pas trancher par un renforcement de la loi ce mouvement qui monte, car la société en serait profondément divisée», poursuit Azadeh Kian.

«Ces jeunes femmes voient d’autres choses grâce à internet, et elles veulent être comme tout le monde», convient Azadeh Kian.

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Source: 20 Minutes
Crédit Photo: Capture d'écran