Nouvelles : Si vous êtes enceinte, ne prenez surtout pas ce médicament!

Si vous êtes enceinte, ne prenez surtout pas ce médicament!

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Publié le par Ayoye dans Nouvelles

Les femmes enceintes devraient éviter de prendre de l'ibuprofène contre la douleur ou la fièvre, selon une étude publiée dans la revue Scientific Reports.

Ce médicament, connu au Canada sous le nom d'Advil, entre autres, pourrait perturber le développement des organes génitaux du foetus de sexe masculin. 

«Tous les faisceaux d'indices convergent vers une grande prudence quant à l'utilisation de ce médicament au premier trimestre de grossesse» a expliqué le chercheur de l'Institut national français de recherche sur la santé (Inserm) Bernard Jégou, qui a coordonné l'étude, dans des propos repris dans TVA Nouvelles.

L'ibuprofène est disponible en vente libre dans de nombreux pays et est en général autorisé au début de la grossesse, de même que l'aspirine ou le paracétamol, deux autres médicaments destinés à soulager les douleurs et la fièvre. 

Selon l'étude, 10 % des femmes interrogées reconnaissent avoir pris de l'ibuprofène pendant qu'elles étaient enceintes. Ce nombre pourrait toutefois grimper à 30 % selon certaines estimations. 

Ce n'est pas la première étude à faire état des risques des médicaments anti-douleurs durant la grossesse. D'autres publiées ces dernières années avaient relié la prise de ces médicaments à des effets indésirables chez les enfants tels qu'un petit poids à la naissance, un accouchement prématuré, de l'asthme, etc. 

D'autres avaient aussi fait état des risques d'anomalie des organes génitaux des futurs garçons, tels que la cryptorchidie - une mauvaise descente des testicules pouvant causer l'infertilité ou un cancer -  ou encore, l'hypospadias, qui est une malformation de l'urètre. 

Afin de confirmer ces données, les chercheurs de l'Inserm qui travaillaient à l'Institut de recherche en santé, environnement et travail (IRSET), avec l'aide de collègues écossais et danois, ont étudié les effets de l'ibuprofène sur les testicules de foetus humains «récupérés sur des produits d'avortement», en ayant obtenu l'accord des femmes concernées.  

Les testicules ont été mis en culture dans une première étude et, dans une seconde, ils ont été greffés sur des souris. À la suite de cela, les chercheurs ont fait la découverte que l'ibuprofène entraînait des perturbations au niveau du système hormonal dans le testicule humain du foetus, par la suppression de production de plusieurs hormones testiculaires incluant la testostérone «qui contrôle les caractères sexuels primaires et secondaires et la descente des testicules».

Les effets susmentionnés auraient tous été observés en début de grossesse, pour la plupart entre les huitième et dixième semaines. Les tests menés au second trimestre n'ont toutefois trouvé aucun effet secondaire. 

M. Jégou est d'avis que le risque de cryptorchidie double chez les bébés de sexe masculin nés de femmes ayant consommé de l'ibuprofène et cela devrait «envoyer un signal» aux autorités afin qu'elles envoient des recommandations concernant la prise d'ibuprofène en début de grossesse. 

L'agence française du médicament ANSM a procédé en janvier au rappel de tous les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), incluant l'ibuprofène, du fait qu'ils sont contre-indiqués à partir du sixième mois de grossesse à cause d'atteintes rénales et cardio-pulmonaires sur les foetus et les nouveau-nés. 

Selon M. Jégou, le message aux femmes enceintes est celui-ci: «Vous pouvez prendre de l'ibuprofène ponctuellement et à petites doses, mais surtout ne pas en prendre en même temps que d'autres médicaments anti-douleur, pour éviter de multiplier très fortement le risque de cryptorchidie.»

Source: TVA Nouvelles · Crédit Photo: Fotolia