Nouvelles : Une femme invente une serviette hygiénique réutilisable et adaptée pour tous les corps.

Une femme invente une serviette hygiénique réutilisable et adaptée pour tous les corps.

Quel exploit!

Publié le par Ayoye dans Nouvelles

Liita Iyaloo Cairney, une femme d’Edimbourg, a mis au point une serviette hygiénique qui changera notre façon de vivre nos règles. Réutilisable et économique, elle est adaptée pour toutes les femmes.

Deux parties composent son produit : une coquille adaptable à la forme du pubis et un protège-culotte qui s’insère dans cette coquille. Celui-ci est lavable ou jetable, selon les moyens financiers de la personne.

Mme Cairney a créé un site informationnel pour toute question sur l’anatomie et le cycle menstruel, une excellente initiative, mais ses projets ne s’arrêtent pas là.

« Je rêve d’avoir une boutique qui proposerait une large gamme de produits d’hygiène féminine, adaptés à toute activité : marche, course et tout le reste, » dit-elle. « Je trouve d’ailleurs incroyable que ce type de boutique n’existe pas déjà. »

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Son idée de la coquille remonte à 2012, lors d’un voyage en Namibie, son pays natal, où elle s’est rendue dans une école pour recueillir des données concernant son doctorat, et en a profité pour discuter avec une de ses tantes qui y est enseignante.

Elle y a appris que beaucoup des élèves de sa tante n’avaient pas accès à des produits d’hygiène féminine abordables, qu’on pouvait deviner si une des filles avait ses règles seulement à la quantité de papier de toilette sur elle.

« En discutant avec elles, ma tante s’est rendu compte que la plupart de ces jeunes filles venaient de familles qui n’avaient pas vraiment les moyens d’acheter les produits une fois par mois. Elles se débrouillaient avec les moyens du bord ou n’allaient pas à l’école pendant leurs règles. »

C’est déplorable que des jeunes filles n’aient pas accès à ces produits. Et c’est ce qui a convaincu Liita de lancer son projet. Lorsqu’elle est rentrée au Royaume-Uni, elle a fait des recherches sur la coupe menstruelle ainsi que d’autres produits moins répandus qui pourraient être, selon elle, utiles aux jeunes Namibiennes. « Au bout de deux mois d’utilisation, je me suis rendu compte que ce dispositif n’était pas adapté aux adolescentes, et ne me sentais pas de le promouvoir. »

« Elles n’ont aucun accès aux produits dont elles ont besoin, mais aussi aucune notion de leur anatomie. Elles sont réfractaires à l’idée d’introduire un corps étranger dans leur intimité. J’ai donc pensé qu’il fallait concevoir une protection périodique externe, tout en m’inspirant des coupes menstruelles. »

Elle s’est aussi tournée vers son cercle de contacts de Facebook, afin de voir si son produit pourrait répondre à des besoins au Royaume-Uni : « Je voulais savoir si les femmes de mon entourage, utilisant tampons et serviettes hygiéniques, se sentaient restreintes dans leur choix. Quand j’ai demandé ce qui les gênait le plus lors de leurs règles, la réponse presqu’unanime était qu’elles ne se sentaient jamais à l’abri des fuites, que ce soit avec une serviette, un tampon ou une coupe menstruelle. »

En effet, toute utilisatrice de serviettes hygiéniques a toujours craint que sa protection soit mal positionnée et qu’elle se détache.

« Il fallait donc que je conçoive un produit qui s’adapte au corps et non aux sous-vêtements, un dispositif qui épouse la région pubienne de la femme. J’ai fait faire un moulage de ma région pubienne, qui englobe la courbe de l’os pubien et une partie de ma cuisse. »

La jeune femme s’est penchée sur une large gamme de matières, dont la silicone qui était trop coûteuse selon elle. Elle demeure donc à l’affût d’une alternative plus abordable. « L’accessibilité du produit est essentielle pour moi. Je souhaite qu’il soit abordable pour les femmes et jeunes filles issues de familles à faibles revenus. »

Le protège-culotte est en bambou, et conçu pour se réutiliser sur une période de temps variant entre 6 mois et un an. « Si les femmes en ont les moyens, elles peuvent le remplacer plus souvent. Elles peuvent aussi laver et réutiliser la protection comme bon leur semble. » Au cours des prochains mois, elle peaufinera la conception du produit en vue de sa production. Déjà, la Première dame de Namibie est intéressée par le produit et souhaiterait le rendre accessible à toutes les jeunes filles namibiennes.

Son projet a aussi une bonne réception en Inde, où la PDG de Binti, une entreprise sociale qui aide les femmes et jeunes filles indiennes à préserver leur dignité lors de leurs règles, Manjit Gill, s’exprime sur le sujet : « Chaque service et produit d’hygiène conçus pour aider les femmes pendant leurs règles contribuent à l’émancipation féminine. Les jeunes filles doivent savoir pourquoi elles saignent, d’où vient ce sang et comment gérer leurs règles. »

Liita a lancé son site Internet First Period (Premières règles), destiné aux jeunes filles afin d’en apprendre davantage sur leurs organes reproducteurs, le 28 mai dernier, lors de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Cette idée lui est venue après avoir discuté avec des écolières en Namibie, quand elle s’est rendu compte que le concept même des règles leur était inconnu, et qu’elles ignoraient tout de leur corps.

First Period met en vedette Koree, une jeune fille namibienne de 12 ans, qui apprend aux jeunes filles à mieux connaître leur corps, leur cycle menstruel, et son rôle concernant la reproduction. Liita a d’ailleurs fait équipe avec une illustratrice d’Edimbourg afin de rendre le site plus attrayant.

Source: quebec.huffingtonpost.ca/2016/06/11/serviette-hygienique_n_10419088.html · Crédit Photo: Twitter / Liita Iyaloo Cairney