Vidéos : Le froid s'installe, les SDF sont les premières victimes. L'un d'eux s'éveille aux 15 minutes pour s'assurer que ses amis “respirent encore” !

Le froid s'installe, les SDF sont les premières victimes. L'un d'eux s'éveille aux 15 minutes pour s'assurer que ses amis “respirent encore” !

Avec le froid, on oublie les premières victimes.

Publié le par Ayoye dans Vidéos
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La chute des températures touche bien des gens, mais les premiers, sont les sans-abris. Dormant à même le sol près du canal Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de Paris, Ervé, Christian et Jean-Yves s’entraident avec des techniques de survie

Christian, lui, dort emmitouflé dans son duvet, au ras du sol près de l’entrée d’un immeuble parisien, s’abritant du vent et de l’humidité. C’est un froid sec qui enveloppe le nord de la France et les nuits s’avèrent glaciales pour ceux qui n’ont pas de domicile. Jean-Yves, l’ami de Christian qui dort dans un « chalet en carton » explique : « Faut éviter de trop picoler quand il fait aussi froid, pour rester lucide et ne pas perdre les réflexes de survie. Il y a des techniques à connaître. » Comme poser du carton au sol pour s’isoler du froid.

Dans les rues, 497 SDF sont décédés en 2015. Quant à 2016, déjà plus de 320 morts sont recensés.  « Quand tu t’endors et que tu as froid, tu ne sais pas si tu vas te réveiller. Faut bouger pour te réchauffer, » raconte Jean-Yves. « Moi je dors par intermittences. Toutes les 15/20 minutes je me réveille pour voir si mes amis respirent encore,» dit Ervé. « Faut pas dormir seul quoi. »

« Et il faut bien se nourrir aussi. Car on brûle plus de calories quand il fait froid, » ajoute Christian. Le mercure est descendu jusqu’à -6°C dans la nuit de mardi à mercredi en Île-de-France. Jean-Yves se demande « Si ça commence comme ça en novembre, qu’est-ce que ce sera en janvier et février ? »

Et le plan grand froid dans tout ça ? Depuis 2008, il n’est plus déclenché au niveau national, mais plutôt à l’échelon départemental par les préfectures. « "On survit plus grâce à la solidarité citoyenne qu’aux pouvoirs publics de toute façon. Eux n’anticipent jamais, ils déclenchent toujours des plans en urgence, donc pas adaptés. Quand tu fais les choses dans l’urgence, tu fais de la merde. »

C’est une question d’organisation selon Jean-Yves. « Les gymnases sont déjà pris pour les migrants. » Et Ervé répond à ce sujet qu’ « on ne peut pas hiérarchiser la misère. Eux ont fait des milliers de kilomètres dans des conditions déplorables » en abandonnant leurs proches et leur vie. Difficile alors de dire qu’un mérite davantage un abri qu’un autre. Jean-Yves, Ervé et Christian sont organisés, ils ont des duvets et un petit endroit où ils dorment chaque nuit, près du canal Saint-Martin. « On préfère dire : aidez les autres, nous on tient le coup… mais jusqu’à quand ? »

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Source: LCI · Crédit Photo: Capture vidéo